Bateau mouche

2009-07-31 - 00:17 | Ecritures, Paroles | Tags: , |

Bateau mouche

Nous descendons la Seine au gré des flots

Et chaque pont parisien se fait l’écho

Des tic-tacs incessants des gouttes d’eau

Qui clapotent sous la coque des bateaux

Sous l’œil de la passerelle de Beauvoir,

J’ai beau voir si tu me fais de l’œil,

Rien à faire tu m’ignores sans raison

Tandis qu’on passe sous le Pont Amont

Mettons le cap vers le pont national

J’arbore alors un sourire fatal

Et tente de t’attirer vers moi avec tact

Sous les lueurs du pont de Tolbiac.

C’est en doublant Charles de Gaulle

Que je commence à avoir la …drôle,

De sensation que maintenant tu m’épies

Le métro file sur les pierres de Bercy

Je sens que nous devenons complice

Et sous la fonte du pont d’Austerlitz

Tu fonds et te mets pile en vis-à-vis

Sous les piles du pont de Sully.

Nous descendons la Seine au gré des flots

Et chaqu’ pont parisien se fait l’écho

Des Boums boums incessants de mon cœur chaud

Qui chavire en attendant ton assaut

Au pont de La tournelle Belle demoiselle,

Je te demande eh « comment tu t’appelles »,

Après une hésitation tu te confies,

Et me réponds Marie au Pont Saint Louis

Sous le regard des piétons de l’Arcole

Tu t’avances,  tu te rapproches et me colles,

Maintenant de Paris tu es ma dame,

Je t’embrasse à l’ombre de Notre Dame.

Pour cacher les caresses qui s’échangent,

Eclipsons nous sous le pont au change,

Dont les arches en ellipse se découpent,

Filons vers le pont neuf le vent en poupe

Trop tard  pour reculer passerelle des arts,

Vers tes bras j’ai largué les amarres,

Nous nous délectons des plaisirs charnels,

Nos sens tournent comme sur un Carrousel

Nous descendons la Seine au gré des flots

Et chaqu’ pont parisien se fait l’écho

Des teufs teufs incessants de ce rafiot

Qui rythment nos ébats, nos mêli mêlo

Tu es désignée reine au pont Royal

Icône de cette croisière fluviale

Notre amour allegro va crescendo

Et résonne passerelle Solferino

Le vent dans les arches de la Concorde

Et nos violons vraiment s’accordent

Les dorures des statues d’Alexandre trois

Brillent autant que mes deux yeux pour toi

Notre belle étreinte devient torride,

Je crie victoire sous le pont des invalides

Je suis un ambitieux zouave sous l’Alma

J’ai brisé ton armure, tu es à moi

La lumière de la tour Eiffel à Iena

Comme un décor glamour de cinéma

En proue cachés par le pont BirHakheim

Heureux, nous nous murmurons des « je t’aime »

Nous remontons la Seine au gré des flots

Et chaqu’ pont parisien se fait l’écho

Des envies que nous avons en commun

Sous le pont double nous ne faisons plus qu’un.

.