Lettre d’un otage à sa femme

2010-06-18 - 20:44 | Amour Passion et trahison, Ecritures |

Anna, je ne sais plus depuis combien de jour je suis enfermé dans cette pièce sombre où il me devient difficile de survivre. J’ai perdu tous mes repères spatiaux-temporels et me rends compte au-delà de la cruelle vérité de ma geôle que tu étais à la fois ma boussole et ma montre… l’horloge de ma vie que je voudrais remonter aujourd’hui pour te témoigner aux instants où j’aurais pu, où j’aurais dû, le plus d’attention, d’affection, de tendresse et d’amour que tu méritais tant. Je suis las, amaigri, vidé mais je lutte chaque seconde pour avoir une ultime chance de te revoir un jour. J’imagine sans cesse nos retrouvailles sur les marches d’un avion toi courant, moi souriant conscient du miracle qui s’accomplirait. Me priver de liberté est un crime mais me priver de ta présence, mon amour, en est un encore plus grand. Les barreaux qui me gardent ne sont nulle barrière à mes sentiments et pourtant de ton cœur je suis le prisonnier. C’est pour toi que je continue à espérer, c’est pour toi que je continuer à respirer, c’est pour toi que je continue à errer dans le monde des vivants où je ne suis que le fantôme de moi-même. Les images de toi, les odeurs de toi, le goût de toi, les caresses de toi, le son de ta voix, qui habitent mes souvenirs sont autant de force qui pousse mon cœur à battre machinalement, à repousser ses limites. L’idée de mourir m’effraie moins que celle de te perdre. Tu m’as ouvert toutes les portes de la perception et si aujourd’hui je suis otage, ce n’est que de la passion qui bouillonne en moi rien qu’à l’évocation de ton être. Je t’aime. Oui mais trois petits mots ne suffiront jamais. Mon amour refuse de s’atrophier pour rentrer dans ces sept lettres dérisoires, il a besoin d’emphase, d’espace, de démesure. Oui je …je …je ….je ….je ….je …..je ….je ……. Et encore plus encore.

Ton Victor